WFE est une ONG environnementale apolitique et non confessionnelle oeuvrant pour l'harmonie entre les peuples et leur environnement :
Les axes de développement
Les principales missions auxquelles se destine WFE sont culturelles, environnementales, éducatives et sanitaires. Ces missions sont en fait très étroitement intriquées et les dénominateurs communs qui les unissent méritent d’être développés, afin de mieux appréhender les grands axes transversaux sur lesquels WFE souhaite concentrer son action.
I - Culture et environnement.
Il peut sembler incongru d’afficher comme l’une des cibles principales, l’analyse culturelle et environnementale des populations qui feront l’objet des projets de WFE, compte tenu du niveau socio-économique et sanitaire très préoccupant de ces populations. En fait, ce volet est fondamental et conditionne la clé du succès des autres missions. Rappelons en effet que l’Afrique est une terre de tradition sur laquelle on ne peut décalquer des solutions européennes « toutes faites », sous peine de se heurter à une non-adhésion et donc un échec final.
Dans des contrées dont les conditions climatiques font alterner périodes de sécheresse dévastatrices et inondations importantes, le déboisement, la perturbation de la faune et la prolifération relativement anarchique des zones d’habitations ne constituent pas qu’un simple péril économique vis à vis de l’attractivité qu’exerce la vie sauvage sur le tourisme, mais participent également largement à l’éclosion et à la propagation des épidémies.
Ainsi se retrouvent indissociablement liés des problèmes aussi différents en apparence que la gestion de l’eau, le respect de la faune, les conflits entre animaux migrants et nouveaux colons humains s’implantant sur les chemins de migration des animaux, l’absence de plan d’occupation des sols « écologique » et les problèmes de surpopulation, de famine et d’épidémies infectieuses.
Cette approche pourrait se résumer par les principes suivants :
1/ Culture et protection de l’environnement sont indissociables et synergiques des actions sanitaires et éducatives chez des populations pour lesquelles le respect des traditions est profondément ancré,
2/ Cette approche culturelle et environnementale doit être appuyée et coordonnée par les autorités morales locales, afin d’espérer une adhésion des populations à l’ensemble des mesures d’aide proposées,
3/ Il faut donc incorporer (et non écarter) ces mêmes autorités morales dans les réflexions environnementales et éducatives des missions d’aide aux populations, en privilégiant les secteurs géographiques dans lesquels les autorités les plus progressistes sont implantées. Ces secteurs « privilégiés » seront alors autant de point de diffusion d’une certaine exemplarité sur des secteurs voisins,
4/ Les orientations de sédentarisation à marche forcée et sans réflexions environnementales peuvent être dangereuses et délétères.
Si elles ont la faveur des pouvoirs politiques nationaux dont elles renforcent l’autorité, elles perturbent cependant gravement 1/ les écosystèmes et la carte sanitaire en favorisant la surpopulation et 2/ les équilibres locaux, notamment en fragilisant les gardiens ancestraux des traditions mais aussi de l’ordre, relais indispensables pour effectuer une mutation culturelle efficace ,
5/ Respecter les traditions n’implique pas de ne pas les faire évoluer sur les points sur lesquels elles sont les plus critiquables (notamment dans les pratiques rituelles d’excision et d’infibulation), évolution qui là encore doit être accompagnée par les chefs locaux,
6/ Une approche micro-locale, une connaissance fine du terrain, l’incorporation dans la réflexion des mêmes chefs locaux sont donc indispensables et un tel cahier des charges ne peut être menée que par des ONG de taille adaptée à cette abord local. Ces ONG sont donc parfaitement complémentaires des grands projets d’aide nationaux ou internationaux « macroscopiques » mais d’application très hétérogène sur le terrain.
II - Mission sanitaire.
De nombreuses ONG de dimensions internationales sont déjà implantées en Afrique, et plus particulièrement au Kenya.
Sans minimiser le bilan globalement positif de ces ONG sur les grands enjeux de Santé Publique, il convient cependant de remarquer que certaines communautés restent encore inaccessibles (notamment au Nord Kenya) à une telle aide, que des dispensaires construits restent vides de présence médicale, et qu’il manque parfois une interface très locale entre la puissance logistique et financière de ces ONG et certaines populations locales.
Là encore, les ambitions de WFE en la matière restent volontairement à une échelle très locale et se résument à un travail de terrain réalisé par des micro-antennes, non obligatoirement médicalisées, qui pourraient assurer outre des fonctions de dispensation de premier soins « légers », de prévention, et de veille sanitaire. A noter qu’un tel concept nécessite très peu d’infrastructure (des bâtiments existent ou peuvent être prêtés à cet effet), mais suppose de disposer d’un personnel infirmier référent.
Cette approche, qui est très étroitement dépendante des autres volets du plan d’action de WFE comprend plusieurs actions qui impliquent les communautés locales.
On peut citer de manière non exhaustive les actions suivantes :
o Assurer l’accessibilité et la maintenance des points d’accès à l’eau déjà existants, en impliquant directement les villageois,
o Établir la cartographie des besoins supplémentaires en points d’eau et étudier à l’échelon de chaque village une implantation de nouveaux forages en des lieux consensuels,
o Développer l’hygiène et la prévention en s’appuyant sur le formidable relais que représente l’école de brousse, fréquentée par les différentes générations;
o Établir un « carnet de santé » des populations locales et notamment des enfants, là encore par l’intermédiaire de la scolarisation,
o Remonter sur des relais nationaux, les signaux d’alerte pré-endémique et pré-famine, notamment en déclenchant l’intervention d’organismes nationaux finançant le rachat et l’abattage des animaux malades ou moribonds,
o assurer une fonction d’aiguillage sur des dispensaires médicalisés en cas de pathologie lourde,
o Aider les grandes ONG à la dispensation locale de médicaments en cas d’endémie ou d’épidémie.
o Réactiver des rotations de consultations médicalisées dans les contrées les plus inaccessibles et délaissées tant par les ONG que par les organisations gouvernementales et renforcer les moyens des dispensaires paramédicaux. Au besoin, ce type d’action peut également s’envisager sous la forme d’une coopération médico-universitaire entre institutions monégasques et centres de soins locaux.
En résumé, les actions que proposent de conduire WFE peuvent se résumer sur quelques points clés :
1/ aider à financer des puits tout en impliquant la communauté locale et ses dirigeants dans la stratégie d’implantation des points d’eau, et de leur accès,
2/ s’appuyer sur l’éducation et l’école de brousse pour promouvoir les mesures éducatives hygiéniques simples,
3/ toujours par l’intermédiaire de l’école de brousse, tant pour les enfants que les adultes, instaurer une fiche sanitaire de suivi médical,
4/ établir des points sanitaires de terrain, essentiellement infirmiers, pour suivre ces populations, assurer les premiers soins et diriger les pathologies lourdes.
III – Mission éducative.
Cette mission comprend trois volets distincts.
- une approche purement scolaire, en organisant des campagnes de parrainage pour le financement d’une scolarité privée d’un nombre malheureusement limité d’enfants,
- une approche scolaire et éducative locale, ouverte aux enfants ne bénéficiant pas de parrainage, mais aussi aux adultes, s’intégrant dans un concept d’école de brousse.
- une approche de sensibilisation aux problèmes environnementaux rencontrés par les communautés en établissant des ateliers hebdomadaires de valorisation du Patrimoine et des travaux pratiques, préalable indispensable aux réunions communautaires s’organisant dans une optique de recherche de solutions à court, moyen et long terme.
Très rapidement, sur le projet NGAISSI, le succès de cette opération a conduit à scolariser 150 enfants en moins de deux années, et il est désormais nécessaire de recruter un second instituteur. Plus spectaculaire encore, ce centre a vite attiré les adultes, d’abord les femmes puis maintenant une population masculine croissante. Ce centre dépasse alors largement ses ambitions scolaires initiales, puisqu’il devient un formidable outil d’appropriation de l’espace éducatif par les communautés locales.
Il est alors possible de faire aborder par les villageois eux-mêmes les modifications comportementales traditionnelles incompatibles avec le respect de l’hygiène, la gestion des terrains communautaires, de l’eau et de les sensibiliser aux conflits environnementaux et notamment animaux/humains.
La mission éducative de WFE pourrait ainsi se résumer sur les idées suivantes :
1/ mener en parallèle une mission de scolarité privative poussée, portant sur un nombre encore limité d’enfants et d’étudiants, et une mission d’école primaire de type publique. Si la sélection des postulants est par essence inégalitaire, ces choix sont au moins faits de manière consensuelle au niveau de la communauté.
2/ étendre le concept d’école de brousse à celui d’une éducation globale sanitaire et environnementale.
3/ étendre le concept d’école de brousse aux adultes.
4/ utiliser cet espace de rencontre culturelle et éducative pour impliquer les communautés et leur dirigeants dans des actions collectives aussi variées que les stratégies de gestion de l’eau, le respect de la faune voisine, l’établissement d’une fiche de suivi médical au moins pour les enfants, et dans un second temps pour les adultes.
IV - Formation à l’autonomisation et transfert des compétences de gestion des projets.
La conformité des projets aux traditions, cultures et habitudes locales est un souci primordial de WFE.
L’aide au développement est, sur les zones investies, une collaboration avec la population locale.
Le développement de solutions durables proposées par WFE a pour but ultime de transmettre en mains propres aux communautés kenyanes réactives et auto-déterminées mais victimes de marginalisation, d’enclavement et d’acculturation, des programmes viables et localement gérables à long terme.